lundi 15 juin 2015

Abandonner le droit du sol?


SARKOSY SORT DE SON CHAPEAU

ABROGATION DU DROIT DU SOL



Le député UDI Yves Jego, ancien ministre de 
Sarkozy, craint de comprendre les causes de ce
 revirement : si le chef de LR court ainsi 
derrière le Front national, c’est qu’il est «obsédé
 par la primaire qu’il se fait fort de gagner par
 la droite»
 
L’élu centriste fait remarquer qu’en brandissant
 la question du droit du sol comme remède aux
 problèmes de l’immigration clandestine,
Sarkozy entretient délibérément un «faux 
débat» qui trompe les Français.

Il rappelle que sur les quelque 140 000 étrangers qui acquièrent chaque année la nationalité française, plus des deux tiers le font par la naturalisation ou par mariage avec un conjoint français : les deux voies majeures d’acquisition de la nationalité, que «personne ne semble fort heureusement remettre en cause».
Le nombre d’enfants nés en France de parents étrangers et devenant Français grâce au «droit du sol» ne dépasse pas les 30 000 par an.
Un phénomène statistiquement «anecdotique», utilisé comme «un chiffon rouge destiné à tenter de satisfaire les instincts xénophobes cultivés par l’extrême droite française».

«Une réponse démagogique»

Jégo se dit effaré que l’ex-Président suggère qu’on puisse «lutter contre l’immigration en s’attaquant à un symbole hérité de la Révolution française».
«Ce n’est pas en devenant le Front national que l’on combat le Front national, je reste pour ma part très opposé à toute remise en cause du principe républicain du droit du sol», insiste le député UDI.
Interrogés lundi matin, les porte-parole de LR Sébastien Huygue et Lydia Guirous ont justifié l’initiative de Sarkozy par la volonté de s’affranchir de tous «les tabous»
Ils ont fait valoir que le sujet était au demeurant sur la table depuis que le député Eric Ciotti a proposé l’abandon de l’accès automatique à la nationalité française pour les enfants d’étrangers.
Pour faire taire les critiques, ils ont cru utile d’ajouter que même François Baroin peu suspect de collusion avec le FN avait estimé qu’il fallait «envisager» une remise en question du droit du sol «dans certaines collectivités d’outre-mer», notamment à Mayotte.
Formulée en 2005, alors que le maire de Troyes était ministre de l’Outre-Mer de Jacques Chirac, cette proposition avait provoqué un bref débat, rapidement enterré.
Jégo avait pu constater, trois ans plus tard, que le débat lancé par son prédécesseur était «une réponse démagogique» au problème bien réel de la pression migratoire comorienne sur Mayotte.
 
«Je n’ai jamais été démenti par Nicolas Sarkozy», note l’ex-ministre. De fait : si la question soulevée en 2005 avait été si pertinente, on peut s’étonner que Nicolas Sarkozy ait attendu dix ans avant de s’en saisir, après l’avoir laissée sans réponse tout au long de son quinquennat…
d'après un texte de A AUFFRAY

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