mardi 17 novembre 2015

Magyd Cherfi, "ZEBBDA"


 

Magyd Cherfi,



«Il y a des jours comme ça où on aime la France,

où on a envie de chanter la Marseillaise,

envie d'être tricolore 

comme un supporter insupportable.

Il y a des jours où on se reproche 
de pas être assez français.

Des jours où on voudrait 
s'appeler Dupont quand on s'appelle Magyd.

Suis-je toqué ? Suis-je choqué ?

Oui je laisse se répandre la douleur en mon 

cœur et reposer ma tête percutée de plein fouet.


C'était un carnage et c'est mon jour de baptême, je deviens solennellement français, c'est dit. Je promets devant le fronton des mairies d'aimer la France pour le pire et le meilleur, de la protéger, de la chérir jusqu'au dernier souffle. Suis-je sonné ? Miné ? Je nais.



Il y a des jours comme ça où même anar on porte un drapeau parce que c'est tout ce qui reste à brandir après l'embrasement et il est bleu blanc rouge. Il y a des jours où on aime ce pays même quand il a tort, même quand il se trompe parce qu'il est nous jusque dans les entrailles.
Des jours comme ça où on aime ce pays, ses hameaux, ses villages, ses monuments aux morts. Des jours où on regrette de pas la ménager la vieille dame aux quatre cents fromages.
Des jours où on préfère la justice à sa propre mère, des jours où on est à l'envers. Des jours qui dépassent nos propres idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité. Des jours plus forts que la vie et c'est des jours de mort.
C'est vrai, des jours comme ça où on reprocherait à Renaud, Ferré, Brassens d'avoir aimé que la France et pas assez la patrie. Des jours où on voudrait être patriote sans attendre qu'un danger nous guette. Avant le sang, avant le feu.
On devrait avoir envie de sauver la France avant les signaux d'alerte, avant que la mort ne vienne exhaler son odeur dégueulasse. Allez ! Prenons les armes et sauvons ce trésor qui est la

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