samedi 4 juin 2016

Les Splendeurs de notre EN




Debout l’École !




Le système éducatif français est à l'image de 
l'ensemble de son personnel qui l'a construit,
contre bien souvent d'une société que vous avez 
dressé
 
c'est violent et inégalitaire.
Inégalitaire car il ne se contente pas de refléter 
les inégalités sociales existantes mais les 
perpétue et les aggrave. 
 
Violent car cette reproduction, le tri et le 
dressage qu'elle opère, sont oppressifs pour les 
élèves de la maternelle à l'université.


Les staff de direction et les syndicats enseignants successifs portent une responsabilité majeure dans ce processus : dans le toujours plus en moyens pour une éducation pour tous et toutes et d'entendre tous les acteurs et toutes les actrices de l'éducation ; par leur conservatisme sur les contenus enseignés et les pédagogies utilisées ; par leur peur et stigmatisation, enfin, de l’abandon des élèves des quartiers populaires et des zones délaissées.



Nous ne pouvons accepter cet état de fait.

Contre une éducation de structure répressive, du tri social et de l'obéissance irréfléchie, battons-nous pour une éducation émancipatrice, qui développe l'esprit critique des élèves, qui favorise leur autonomie et leur épanouissement personnel.
Que fait-on pour la dyslexie, les troubles de l’attention et l’apprentissage ?



Je pense qu'il faut prendre cette déclaration pour ce qu'elle est: le constat d'une certaine partie de la population. Quelques remarques:

- Le constat d'échec (panne ascenseur social, survalorisation des diplômes qui se dévalorisent...) est partagé par la plupart des observateurs du système scolaire.

- Un service public qui veut sauver tout le monde, ne peut que demander des moyens supplémentaires et échouer.

Une bonne partie du PIB est réservé à l'éducation et je m'en félicite. En revanche l'utilisation de ses moyens est loin d'être optimum. Une bonne partie de la manne est mangée par de l'administratif inutile, des subventions inutiles, des accords et marchés publics gourmands... Il me semble donc qu'il nous faut avoir la plus grosse enveloppe possible puis la gérer le mieux possible. On fait avec ce qu'on a.

- Les solutions: suppression des classes prépas etc... me semblent contre-productives. Pour contrebalancer la reproduction sociale et économique des nantis il faut leur opposer la sélection scolaire en donnant les moyens aux intellos/prolos de réussir (bourses, places réservées, moyens supplémentaires aux zones en difficulté...). La massification s'est accompagnée par une baisse des exigences et une totale impunité aux glandeurs qui passent quoi qu'il arrive (absence de redoublement, rattrapage donné, correction du bac outrageusement "bienveillante").

- Le marché du travail est bouché les "établis" embauchent préférentiellement leurs enfants.

- La longue érosion des emplois peu qualifiés et l'existence des minimas sociaux maintiennent une population peu qualifiée en état d'assistanat. Les banques prêtent à ceux qui ont déjà un capital ou des appuis. Ces phénomènes limitent l'apparition d'autodidactes qui montent les échelons petit à petit.

Le fait que les avis des élèves ne sont que très rarement demandés et encore moins pris en compte dans l'organisation de leur éducation (pendant la conférence des journées d'été 2014 sur l'éducation, tout le monde parlait de mettre en place plus d'horizontalité dans l'éducation - profs, parents d'élèves, élèves - pourtant pas une seule personne n'a jugé bon de donner le micro à un des jeunes présents dans la salle, et ce n'est pas l'envie qui manquait et certains s'étaient manifestés très clairement)). Et pourtant, on en a, des choses à dire, y compris pré-majorité, et ce n'est pas forcément du "prof-bashing".

L'impossibilité pour les élèves de personnaliser leur cursus (de continuer la science physique après la seconde y compris hors de la filière S, de faire de la littérature en étant en S) et paradoxalement la spécialisation des cursus faite trop tôt.

le fait que les 3/4 des filières d'excellence" (prépas, science po) sont avant tout des institutions de formatage plutôt que d'éducation (science po, je laisse les autres juger, mais prépa littéraire j'y suis passé, je confirme, ça CRAINT).
- Etc, etc.

Après je reconnais bien volontiers que certaines formulations font grincer des dents.
Mais comme l'a dit si bien Louis, ce communiqué est à prendre comme une ressenti général, et à ce titre je trouve qu'il remplit parfaitement son office.

La radicalité de certains passages sont propres au mouvement et, je pense, au fait que cela doit être la première fois que ses rédacteurs osent mettre cela par écrit (notamment les élèves/ex-élèves), ce qui n'incite guère à la modération.

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